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Introduction
Le 13 juillet 2025, devant les armées, le président de la République décrit la guerre de notre temps par une formule frappante, qu'un sujet du bac 2026 a reprise : « il n'y a plus d'arrière et il n'y a plus de front ».
Pendant longtemps, on s'est représenté la guerre sous la forme qu'on appelle « classique », ou conventionnelle : une guerre entre États, menée par leurs armées régulières, qui s'affrontent directement, sur un champ de bataille ou le long d'un front, et derrière elles, à l'arrière, les villes, les champs, les familles, tout ce que l'armée devait protéger.
Si cette distinction entre le front et l'arrière disparaît, c'est qu'un drone peut frapper une ville à mille kilomètres de la ligne des combats, qu'une cyberattaque peut couper l'électricité de toute une région sans qu'un seul soldat ait franchi sa frontière, et que, depuis 1945, une seule bombe atomique peut rayer une ville de la carte, loin de tout champ de bataille.
Dès lors, une question se pose : si la guerre n'a plus de front, est-ce encore la même guerre ? Ou bien est-ce qu'il faut un autre mot, une autre théorie, pour la comprendre ?
Pour répondre, il faut d'abord savoir ce qu'est la guerre. Et pour le savoir, on va partir de Carl von Clausewitz, officier prussien qui a combattu Napoléon, et qui a écrit De la guerre, publié en 1832, après sa mort. Le programme cite sa formule dès le premier axe de ce thème, et près de deux siècles plus tard, ceux qui pensent la guerre discutent encore ses idées, qu'ils les défendent comme Raymond Aron ou qu'ils les contestent comme l'historien John Keegan.