Page 1 sur 9
Introduction
Le 14 octobre 1806, à Iéna et à Auerstedt, l'armée prussienne affronte les armées de Napoléon. C'est l'armée héritière de Frédéric II, l'une des plus réputées d'Europe. Le soir même, elle est écrasée. Treize jours plus tard, le 27 octobre, Napoléon entre dans Berlin. Dans les semaines qui suivent, les troupes prussiennes qui fuient sont rattrapées et capitulent les unes après les autres, et les forteresses se rendent, souvent sans combattre : l'essentiel de l'armée prussienne a disparu. Parmi les prisonniers se trouve un jeune officier de vingt-six ans, Carl von Clausewitz.
Quarante-sept ans plus tôt, au soir de Kunersdorf, Frédéric II avait déjà perdu presque toute son armée, et Berlin était déjà à portée de ses ennemis. Mais ils s'étaient arrêtés, et la Prusse n'était pas tombée. En 1806, personne ne s'arrête. L'année suivante, par le traité de Tilsit, la Prusse perd la moitié de son territoire, et son armée est bientôt plafonnée à 42 000 hommes.
Dès lors, une question se pose : qu'est-ce qui a changé entre Kunersdorf et Iéna ? Pourquoi une victoire, désormais, peut-elle aller jusqu'au bout ?